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Attrapez le livre pour le retourner et lire la quatrième de couverture.

Penelope Ward & Vi Keeland

Cocky Bastard

« Je ne suis pas attiré par toi. Je suis envoûté. »

Penelope Ward & Vi Keeland

Quand je repense à Cocky Bastard, je pense d'abord à Chance.

Évidemment.

Le mec arrogant, prétentieux, provocateur, beaucoup trop sûr de lui. Celui qui semble prendre un malin plaisir à pousser Aubrey à bout dès leur rencontre.

Et pourtant, je crois que je n'ai jamais vraiment réussi à le réduire à ça.

Il y avait quelque chose derrière.

Ça se sentait.

Derrière les vannes, les provocations et cette manière de toujours donner l'impression que rien ne pouvait vraiment l'atteindre, j'étais persuadée qu'il y avait autre chose. Quelque chose de beaucoup moins léger que ce qu'il voulait bien montrer.

Mais avant d'en arriver là, il y a ce road trip.

Deux inconnus qui se retrouvent coincés ensemble sur la route alors qu'ils sont à peu près tout l'opposé l'un de l'autre. Aubrey est plus sérieuse, plus contrôlée. Chance, lui, passe son temps à la chercher.

Forcément, ça fonctionne.

J'aime beaucoup cette partie du livre parce que leur relation se construit presque sans qu'ils s'en rendent compte. Ils sont enfermés dans cette drôle de parenthèse où ils avancent de ville en ville, passent des heures ensemble, apprennent à se connaître et finissent par découvrir ce qu'il y a derrière la première impression.

Et au milieu de tout ça, il y a une chèvre.

Oui.

Une chèvre.

Je ne sais toujours pas très bien ce qu'elle foutait là, mais je me rappelle avoir trouvé ça complètement absurde et très drôle. Et évidemment, à force, on finit par s'attacher à elle aussi.

C'est aussi ça que je garde de ce livre : cette légèreté. Les situations improbables, les dialogues, Chance qui en fait toujours trop, Aubrey qui essaye tant bien que mal de ne pas entrer dans son jeu alors qu'on sait très bien où tout ça va finir.

Puis l'histoire change.

Et le Chance que je pensais avoir deviné commence enfin à apparaître.

Alors, quand on découvre ce qu'il y avait derrière son comportement et ce qu'il avait réellement traversé, je n'ai pas eu l'impression de découvrir soudainement un autre personnage.

J'ai plutôt eu cette sensation de me dire : voilà.

Je le savais.

Je savais qu'il ne pouvait pas être uniquement ce type insupportablement sûr de lui qui passe son temps à provoquer tout le monde.

Il y avait quelque chose de plus lourd derrière le masque.

Ça ne veut pas dire que tout devient automatiquement excusable. Disparaître de la vie de quelqu'un, revenir des années plus tard et expliquer pourquoi ne suffit pas à effacer ce qui s'est passé.

Et c'est aussi là que Chance devait me convaincre.

Parce que revenir vers Aubrey en lui disant simplement qu'il l'aime aurait été beaucoup trop facile.

Il faut qu'il lui montre qu'il est là.

Qu'il insiste.

Qu'il accepte qu'elle ne lui fasse plus confiance aussi facilement.

Qu'il prouve, par ce qu'il fait, qu'il ne revient pas simplement chercher quelque chose qu'il estime lui appartenir.

J'aime cette idée-là.

Les mots sont faciles. Surtout dans une histoire d'amour.

La persévérance, les actes, le fait de continuer à choisir quelqu'un même quand il ne vous ouvre pas immédiatement les bras, ça raconte autre chose.

Je me souviens d'Aubrey avec beaucoup d'affection. Je me souviens de leur route, de leurs disputes, de leurs différences et de cette putain de chèvre.

Mais des années après, ce qui me revient en premier reste Chance.

Peut-être parce que j'aime les personnages qu'on croit avoir compris en quelques pages et qui finissent par révéler quelque chose de beaucoup plus compliqué.

Ou peut-être simplement parce que, dès le début, derrière son sourire de connard, je savais qu'il cachait quelque chose.