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Colleen Hoover

Jamais plus

lu en une nuit de canicule, août 2024

« Just keep swimming. »

Colleen Hoover

Je l'ai littéralement dévoré.

Je l'ai lu en une nuit de canicule, en août 2024.

Deux ans après, je ne me rappelle sûrement plus chaque scène dans le bon ordre. Mais je me rappelle très bien de ce que ce livre m'a fait comprendre.

Lily a grandi en regardant son père faire du mal à sa mère. Et comme beaucoup de gens qui regardent une histoire de l'extérieur, elle s'est demandé pourquoi sa mère restait. Pourquoi elle pardonnait. Pourquoi elle continuait à aimer quelqu'un qui pouvait lui faire ça.

Elle s'était juré que ça ne serait jamais elle.

Puis il y a Ryle.

Et Colleen Hoover fait quelque chose d'assez terrible avec ce personnage : elle nous laisse le temps de l'aimer.

Il est drôle, brillant, séduisant, attentionné. Lily tombe amoureuse de lui et, quand tout bascule, elle n'arrête pas soudainement de l'aimer parce qu'il a franchi une limite.

C'est ça qui m'est resté.

Parce qu'au moment où Ryle la blesse pour la première fois, il n'y a pas seulement ce qu'il vient de faire. Il y a tout le reste autour. L'homme qu'elle connaît. Les bons moments. Les excuses. Les regrets. L'espoir que ça ne recommencera pas. L'envie de croire que ce n'est pas vraiment lui.

Et tout à coup, Lily comprend sa mère.

Je crois que moi aussi, à ce moment-là, j'ai compris quelque chose.

C'est tellement facile de regarder quelqu'un vivre une relation violente et de penser qu'à sa place, on serait parti depuis longtemps. Vu de l'extérieur, la réponse paraît évidente. De l'intérieur, il y a les sentiments, les souvenirs, les promesses, la culpabilité, l'espoir. Tout est mélangé.

Atlas compte énormément dans l'histoire, évidemment. J'ai aimé retrouver ce garçon que Lily avait connu adolescente et cette relation qui avait laissé une trace chez elle pendant toutes ces années.

Pourtant, quand je repense à Jamais plus, ce n'est même pas l'histoire entre Lily et Atlas qui me revient en premier.

C'est Lily face à sa fille.

Cette décision de faire s'arrêter quelque chose avec elle.

Le titre prend une autre dimension à ce moment-là. Jamais plus, ce n'est pas une promesse qu'elle fait à Ryle. C'est une promesse qu'elle se fait à elle-même, et qu'elle fait aussi à sa fille.

J'ai vu le film plusieurs fois depuis. Les personnages ont maintenant les visages des acteurs dans ma tête, certaines scènes du film ont sûrement fini par se mélanger à celles du livre.

Mais ça, ça n'a pas bougé.

Ce livre m'a laissé cette idée qu'on peut aimer quelqu'un et savoir quand même qu'il faut partir.

Et surtout, qu'avant de demander à quelqu'un « pourquoi tu restes ? », il faudrait peut-être essayer de comprendre tout ce qu'il lui faut pour réussir à partir.